- Roues de l'onde et de la vie
L'énergie de ces temps anciens, c'est l'eau, toujours abondante. Grâce à ces roues, qui entraînaient des batteries
de machines complexes, on fabriquait du drap, semblable à nos actuelles couvertures les blanquets. Juste avant la révolution française
l'industrie de la soie, mise en sommeil sous la pression de roi de France, connut un nouveau développement. Les filatures se
multiplièrent par dizaines. La soie créait de nouvelles fortunes, dont celle d'Alphonse Benoît, bienfaiteur de la ville, pour la
mémoire duquel un monument fut érigé sur la place Gambetta, aujourd'hui esplanade Robert Vasse. A l'heure actuelle, les plus belles
roues sont destinées à s'offrir en spectacle à l'objectif. D' autres, plus modestes, semblent pourtant vivre encore pour l'utile.
Elles sont trois par exemple à s'activer sur le quai Lices Berthelot. Au gré de l'onde elles filent le temps, à l'instar du rouet de
nos grand-mères. Le rythme est soutenu, mais à bien observer il varie, si bien qu'on ne sait plus au bout d'un moment qui donne le ton,
de la roue ou de l'eau. Un peu plus loin, au moulin à draps une roue bien cachée reçoit l'eau de l'Arquet. L'Arquet, c'est ce canal
de cinq cent vingt-cinq mètres de long qui traverse l'intra-muros de part en part. On peut le suivre par la rue Jean Théophile,
surnommée la rue des roues, au XIXe siècle il y en eut jusqu'à dix-sept le long de cette artère.