- Les juifs de L'Isle
Leurs activités sont limitées à la friperie, la brocante et au prêt d'argent. Les hommes sont tenus de
porter un chapeau jaune, les femmes un morceau d'étoffe bien visible de même couleur. En 1624, ils sont regroupés dans quatre carrières qui
perdureront jusqu'à la révolution Avignon, Carpentras, Cavaillon et L' Isle. Leur statut très particulier qui les dirigeait vers le commerce
de l'argent les fit contribuer à l'économie des villes d'accueil. A L'Isle, le pape les ayant autorisé en 1720 à pratiquer le commerce de la
soierie et du lainage, ils participèrent d'autant mieux à la prospérité de la ville. Avant la Révolution, qui leur permit d'accéder au rang
de citoyens français, ils représentaient quatre-vingt-dix des mille familles de la ville et cent vingt des deux cents manufactures de soies
travaillaient pour eux. La carrière, de près d'un hectare de superficie, s'organisait autour d'une place reliée à la ville par deux artères
fermées par un portail le Petit Portal sur la rue de la Cavalerie (rue de l'Hôtel de Ville) et le Grand Portal sur la Grande Rue (rue Carnot).
La synagogue fut plusieurs fois reconstruite, la dernière fois au XVIe siècle, mais rénovée et agrandie en 1759. Ses richesses furent pillées
en 1793 et bâtiment détruit en 1856, faute de juifs. Aujourd'hui, la place de la Juiverie ouverte sur ces ruines de l'ancienne carrière semble
bien commune, à l'exception d'un beau bâtiment qui clôt une impasse en arrondi. La rue Louis Lopez est encore dite ancienne rue Hébraïque. Seul,
sur la route de Caumont, un cimetière, où l'on inhuma jusqu'au début du siècle dernier, témoigne encore de l'ancienne communauté israélite.