Adossé aux Alpilles, aux pieds des Baux de Provence, ce trouve le village Le Paradou ou naquit le 1er novembre 1846 Charles
Rieu, dit Charloun, fils d'Henri Rieu et l'aîné de dix enfants. Né dans une famille pauvre, les hommes se louaient comme ouvriers agricoles, le petit
Charloun fréquentait l'école lorsque les travaux des champs lui permettaient. Ce petit paysan eut la chance de recevoir l'enseignement d'un certain M.
Chabaud, il lui enseigna les rudiments du grec et du latin, sans réaliser qu'il contribuait à donner l'envol au poète qui deviendrait. Charloun ne cessa
d'avoir une vision poétique du monde, pourtant il se bornait à une vie simple et laborieuse dans son village natal du Paradou. Charloun a laissé une œuvre
importante en langue provençale, ces traductions en provençal de "l'Odyssée", "Jérusalem Délivrée" ou encore "le Télémaque" également signer une pièce de
théâtre "Margarido dóu Destè", qui lui valut l'estime et l'amitié de Frédéric Mistral qui le considéra comme le premier poète populaire de France. Charloun
est un homme de la terre, modeste et solitaire qui occupe ses passe-temps à écrire des chansons sur des airs populaires ou à la mode souvent avec le concours
musical de Mlle Jeanne Ratyé, c'est grâce à cette collaboration que ces chants du terroir sont devenus ce qu'ils sont, pour la plus grande joie des Provençaux.
Les chansons de Charloun deviendront si populaires dans les bals et les festivités villageoises qu'elles passeront dans la tradition orale. Citons la plus
connue, jouée sous un air à la mode fin 19 ème siècle
"La Mazurka souto li pin"
en provençal Mistralien, ou
"La Mazurka sous les pins"
en Français. L'histoire de cette chanson, décrit une fête populaire tout prés de Paradou, elle se déroule au mas d'Escanin propriété de la famille Ratyé.
Charloun n'était pas seulement un grand poète, c'était un humble au grand cœur. Charloun mourut accidentellement le 10 janvier 1924, il repose au cimetière
du Paradou, il en avait construit le mur de clôture de ses mains avec l'aide de son père.